Et c'est là que l'on voit que l'Union Européenne fait totalement partie du plan du Nouvel Ordre Mondial vu qu'elle est sous tutelle étatsunienne et copieusement infiltrée dans ses plus hautes sphères par des éléments oeuvrant pour la "Bête". Et nous entendons par "Bête" quelque chose de particulier. Une sorte d'élite qui poursuit un Plan depuis des millénaires. A savoir leur Suprématie sur toute la planète. Il va falloir néanmoins qu'ils se dépêchent car, à notre avis, ils ne vont pas avoir le temps de mettre leur projet à exécution. Et ils le savent. La fameuse Arche de Noé construite en Norvège en est un signe évident. Il faut savoir décrypter les "signes du temps". C'est la course contre la montre avec la Terre qui, elle, réglée comme une horloge, à une date fixe fera ce qu'elle a à faire. C'est d'ailleurs ce dont nous avait averti Yeshoua qui connaissait l'Ordre du Monde basée sur la Vraie Cosmogonie de Moïse... aussi lorsqu'Il dit :
il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel.
Matthieu 21, 11
Il savait très exactement ce qu'il adviendrait à la fin de l'ère des Poissons tout comme Il savait que sa Naissance avait inauguré cette ère et ce qu'elle symbolisait. L'ère des Poissons étant la pire de toutes. Voilà pourquoi Il dit :
Le Royaume des cieux est pris par violence et ce sont les violents qui s'en emparent.
Matthieu XI, 12
Et effectivement les violents se sont emparés de la terre -le royaume des cieux- et voilà où l'on en est aujourd'hui. Une poignée de sangsues s'enrichit ignominieusement sur le dos des pauvres qu'ils exploitent à les en faire crever de faim, de soif, de maladies, de guerres. Et l'Europe participe joyeusement à cette holocauste planétaire...
Agrocarburants : l'UE maintient ses objectifs malgré la famine mondiale
« Crime contre l'humanité », « menace pour l'environnement » : les biocarburants sont ouvertement critiqués, mais les responsables européens refusent de les abandonner. « Il n'est pas question pour l'instant de suspendre l'objectif fixé pour les agrocarburants », a affirmé lundi Barbara Helfferich, porte-parole du commissaire à l'Environnement, Stavros Dimas.
POURTANT, les critiques se font de plus en plus pressantes avec l’envolée des prix alimentaires et la multiplication des émeutes contre la faim dans les pays en développement. Un rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), discuté le 11 septembre dernier à l’occasion d’une « table-ronde sur le développement durable », tirait pourtant le signal d’alarme sur les conséquences de l’augmentation des terres agricoles consacrées aux agrocarburants.
Le changement d’orientation de nombreuses exploitations en leur faveur détourne des terres de la chaîne alimentaire. Selon le Worldwatch Institute, avec la quantité de céréales nécessaire pour faire le plein d’un 4x4, on pourrait nourrir un être humain pendant 1 an. Les prix des produits de base ont atteint un tel niveau que le litre d’huile de palme en Afrique vaut ainsi autant que le litre de carburant, nous alerte la patronne du Programme Alimentaire Mondial (PAM), Josette Sheeran.
Le niveau des stocks mondiaux pour l’alimentation est au plus bas depuis 20 ans. D’où ces prévisions des experts qui estiment nécessaire une augmentation alimentaire de 50% d’ici à 2030 pour répondre aux besoins de la croissance démographique. Pourtant, une cinquantaine de pays ont, au contraire, adopté des dispositions d’incitation pour favoriser les agocarburants. En 2020, l’Union Européenne souhaite assurer 10% de ses besoins en combustibles pour le transport routier grâce aux agrocarburants, les Etats-Unis veulent atteindre un taux de 5% d’ici à 2012 contre 15% pour la Chine en 2010.
L’OCDE estime, chiffres à l’appui, que l’engagement européen supposerait de convertir 72% des terres cultivées. Pour se fournir en agrocarburants, l’Europe procède à des importations, notamment en provenance des pays du Sud. Malgré les prévisions alarmistes concernant la sécurité alimentaire mondiale, les dirigeants européens veulent porter à 10% la part des agrocarburants pour les transports d’ici 2020. Ils espèrent trouver un accord pour mettre en œuvre ce plan d’ici fin 2008.
« La fabrication de biocarburants est aujourd’hui un crime contre l’humanité », a tonné lundi le Suisse Jean Ziegler, Rapporteur spécial des Nations Unies pour le Droit à l’alimentation. L’Agence européenne de l’Environnement, un organisme relevant directement de la Commission européenne, a recommandé vendredi de « suspendre » l’objectif pour les agrocarburants en raison des « menaces pour l’environnement ».
Les dirigeants européens sont conscients de ces criiques, mais ils ont décidé de conserver leur objectif « à la condition d’assurer une durabilité de cette production et la promotion des biocarburants de la seconde génération ». La Commission européenne a, toutefois, entendu le message concernant la suppression des aides pour les biocarburants. « Nous allons proposer aux Etats membres de supprimer ces subventions », a confirmé lundi son porte-parole à l’Agriculture, Michael Mann. L’aide est consistante : « 90 millions d’euros pour 2 millions d’hectares », soit 45 euros l’hectare, a-t-il précisé. Maigre consolation...
Sources Témoignages
Posté par Adriana Evangelizt
Le régime répressif qui règne en Chine est un des pires du monde. Je suis justement tombée sur un livre de Jean-François Dufour sur Google, page 32 et suivantes, où vous pourrez vous rendre compte de ce qui règne là-bas. Il faut déjà savoir que les exécutions sommaires sont pratiquées par des administrations locales qui se considèrent comme l'incarnation de la justice et jugent inutiles d'en rendre compte officiellement. Sans oublier que ces administrations s'efforcent de remplir les quotas de peines capitales qui leur sont implicitement demandées. Voilà le régime qui règne là-bas. Alors inutile de se demander ce que vont devenir tous les Tibétains qui se sont faits serrer ou qui se sont rendus. Non seulement ils vont être torturés, battus mais aussi tués sans passer devant un tribunal. Un mot qui n'existe pas là-bas. Voilà le pays démocratique où vont se passer les jeux olympiques. C'est sans compter que 30 000 sbires sont à l'affût sur le net pour épier tout ce qui se dit sur le régime chinois. Nous allons leur faire plaisir. Le régime communiste est un régime dictatorial. Plus de 10 000 personnes sont exécutées tous les ans. C'est une honte ! La masse n'est pour eux qu'un outil de travail destiné à engraisser les autorités au pouvoir. Il n'y a pas que chez eux me direz-vous, certes... mais là-bas, ça dépasse tout ce que l'on peut imaginer. Un bol de riz par jour pour près d'un milliard d'habitants tant ils sont bien payés. Le travaillez plus pour gagner des clopinettes est leur devise ! Nous souhaitons fortement que la Chine se réveille. En tout cas, dans le nouveau monde, les Chinois seront enfin libres, c'est une certitude. Libres et débarrassés de cette férule qui pèse sur eux. Imaginez un peu qu'il n'y a qu'un seul parti là-bas tellement ce pays est démocratique. Et tout ceux qui osent contester sont embastillés à vie. Sbires chinois qui surveillez le net, vous travaillez pour une entité démoniaque et vous devriez avoir honte !
La Chine affirme mener une "lutte à mort" au Tibet
La Chine a affirmé avoir engagé une "lutte à mort" au Tibet et annoncé la reddition de 105 émeutiers à Lhassa, les groupes pro-tibétains évoquant mercredi des centaines d'arrestations.
"Nous menons une lutte à mort avec la clique du dalaï lama", a affirmé l'homme fort du Tibet, le numéro un du Parti communiste Zhang Qingli, cité mercredi par le Quotidien du Tibet.
Cette diatribe survient alors que les appels se multiplient à l'étranger pour que la Chine dialogue avec le dalaï lama, leader spirituel des Tibétains et Prix Nobel de la Paix.
Dans ce discours particulièrement violent prononcé mardi -- où M. Zhang a qualifié le dalaï lama de "loup enveloppé dans une bure de moine" et de "monstre à face humaine mais au coeur d'animal"--, il a également appelé les responsables à ne pas baisser la garde.
"Actuellement, nous menons une lutte intense de sang et de feu avec la clique du dalaï lama, une lutte à mort", a-t-il lancé.
Les autorités chinoises ont affirmé que 105 personnes impliquées dans les manifestations de vendredi à Lhassa s'étaient rendues mardi soir, a indiqué l'agence Chine Nouvelle.
Les émeutes dans la capitale du Tibet ont fait 13 morts, vendredi, selon un bilan officiel.
Les Tibétains en exil parlent de 100 morts, voire de centaines de victimes, non seulement au Tibet mais dans d'autres régions où les manifestations s'étaient propagées.
Les autorités avaient donné aux manifestants impliqués dans les violences de vendredi jusqu'à 23h00 (15h00 GMT) mardi pour se rendre, promettant la clémence, a précisé l'agence officielle.
Mercredi, des groupes pro-tibétains ont fait état de centaines d'arrestations après les troubles de ces derniers jours au Tibet et dans les régions où vivent des minorités tibétaines.
"Il semble que plusieurs centaines de personnes au moins ont été arrêtées - peut-être des milliers" dans le grand Tibet qui, outre la région autonome du Tibet, recouvre des régions voisines, a dit à l'AFP Lhadon Tethong, directrice du mouvement des Etudiants pour un Tibet Libre.
"Nous n'arrivons pas à rester à jour (...) Il y a un tel flot d'informations!", a-t-elle ajouté.
Kate Saunders, de Campagne Internationale pour le Tibet (ICT), évoque, elle, "des centaines d'arrestations" possibles uniquement à Lhassa.
Les autorités tibétaines ne faisaient mercredi aucun commentaire sur ces arrestations ni sur les Tibétains qui se seraient rendus.
Un responsable du Bureau de la sécurité publique a même enjoint à l'AFP de cesser d'appeler pour tenter d'obtenir des informations.
La Chine soutient que les forces de l'ordre n'ont pas tiré vendredi à Lhassa sur les manifestants, dont beaucoup de moines bouddhistes, et que les violences accompagnées d'incendies et de pillages, ont été commises par des casseurs.
Selon cette version, les victimes sont des "innocents" tués sauvagement par des "émeutiers tibétains".
Mardi, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a affirmé avoir "les preuves" que les émeutes de Lhassa avaient été "fomentées et organisées par la clique du dalaï lama" pour "saboter les jeux Olympiques" de Pékin en août.
Les manifestations ont débuté le 10 mars, à l'occasion du 49e anniversaire du soulèvement anti-chinois de Lhassa en 1959.
Samedi, les autorités chinoises avaient repris le contrôle de la capitale tibétaine, où les journalistes étrangers ne peuvent pas se rendre.
Sources AFP
Tibet : comment la Chine refoule les journalistes
Officiellement, les reporters étrangers peuvent se rendre où ils veulent en Chine, Tibet compris. La réalité est bien différente. Notre correspondante en a fait l'expérience.
Depuis plusieurs jours, le Tibet est interdit à la presse. Impossible de savoir avec précision ce qui se passe à Lhassa, la capitale. Mais des manifestations – également réprimées – ont aussi eu lieu vendredi dans la ville de Xiahe, dans la province du Gansu, à l’extrême nord-est du plateau himalayen. C’est là que la correspondante en Chine de Libération, Pascale Nivelle, a souhaité se rendre. Témoignage.
Sur la route, un barrage.
«L’idée, c’était d’aller à Xiahe, où se trouve le monastère de Labrang. Excepté à Lhassa, c’est là qu’ont eu lieu les principales émeutes ces derniers jours. Vendredi, il y a eu des manifestations, des gaz lacrymogènes, etc. Samedi, nous prenons donc la route. Sur l’autoroute, il y a des camions de militaires casqués, et de nombreuses voitures de police. Tout ça contre quelques milliers de Tibétains. Au bout de 60 kilomètres, je suis bloquée à un péage d’autoroute par un barrage de policiers. Je pense que c’est l’employée du péage qui m’a dénoncée. La voiture avait des vitres teintées mais elle a dû voir qu’il y avait des blancs à l’intérieur. Certains journalistes ont évité le barrage en passant par les montagnes.»
Défense d'aller plus loin, à cause d'«une grande opération de police»
«Je retrouve deux journalistes suisses, un anglais et un autre de l’agence de presse Reuters, qui, eux aussi, tentaient de se rendre à Xiahe. En théorie, depuis le 1er janvier 2007, les journalistes peuvent se déplacer où ils veulent en Chine. C’est une réglementation qui a été mise en place pour les JO. On demande donc des explications et on nous explique qu’«une grande opération de police est en cours». Mais quand on souhaite connaître les raisons de cette opération de police, pas de réponse. Au bout d’une heure – il est 21 heures – coup de fil à Pékin : le ministère des Affaires étrangères nous apprend que “c’est pour la paix, la stabilité et l’unité du pays !”. C’est tout.»
«Assurer notre sécurité»
«Ensuite, on a du faire demi-tour, mais tout s’est passé à la chinoise, c’est très civilisé, on nous a donné de l’eau, on nous a proposé qu’un cuisinier nous fasse à manger, et surtout on nous explique qu’on veut assurer notre sécurité, que nous sommes les bienvenus dans leurs pays, etc. Tout ça n’est pas extraordinaire pour nous. Je me fais souvent arrêter. La liberté des journalistes, de toute façon, c’est du pipeau ! Mais cela montre la paranoïa du gouvernement chinois avec le Tibet, à quelques mois des Jeux olympiques. A la télévision, tout ce que voit le public chinois, ce sont des casseurs tibétains contre le gouvernement.»
Sources Libération
Posté par Adriana Evangelizt
Pour bien comprendre l'aberration du monde dans lequel on vit, il faut déjà savoir comment ceux qui sont aujourd'hui rois, princes ou à la tête de grandes dynasties le sont devenus. Sûrement pas par l'opération du Saint-Esprit. Bien qu'entre les rois et les Eglises, il y a souvent eu de grandes connivences pour asservir les Peuples. A la base, ce n'était que de simples brigands qui se sont imposés et ont pris les terres qu'ils ont voulu, dépossédant les gens qui y vivaient dessus et les traitant pire que des esclaves. Dans le "Monde nouveau", il faudra se souvenir que la Terre appartient à tout le monde et ne plus laisser s'instaurer cela. Fini les privilèges et les castes. Fini les élites dévoyées qui nous imposent leurs diktats, leur férule et leurs guerres. Le "Nouveau Monde" sera un monde libre et personne ne sera propriétaire de rien. Car la propriété c'est du vol... comme disait Proudhon.
Voici un vieux livre qui nous raconte comment les Francs prirent possession de la Gaule...
Histoire critique de la noblesse
Depuis le commencement de la monarchie, jusqu'à nos jours ; où l'on expose ses préjugés, ses brigandages, ses crimes, où l'on prouve qu'elle a été le fléau de la liberté, de la raison, des connaissances humaines, et constamment l'ennemi du peuple et des rois
par Jacques Antoine Dulaure
1790
INTRODUCTION
Les distinctions doivent être la récompense du mérite et n'appartenir qu'aux seuls individus qui s'en sont rendus dignes, tout comme les châtimens ne doivent atteindre que les seuls coupables. Il est aussi injuste de s'approprier le prix des vertus d'un autre, que de subir la peine du crime qu'on n'a point commis. Ces principes souverainement justes, et triviaux à force d'être évidens, ont cependant été et sont encore méconnus ou totalement méprisés chez les peuples dont les gouvernemens ont été formés, dans des siècles barbares, au gré des circonstances ou des usurpateurs.
Le mépris de ces principes se manifeste dans l'opinion qui admet l'hérédité de la noblesse. Cette distinction, aussi impolitique qu'immorale, digne des temps d'aveuglement et de violence qui l'ont produite, est un attentat aux droits de la partie de la nation qui en est privée ; elle est le vice radical d'un gouvernement, tout comme l'égalité des droits en est la force et l'honneur : elle est la source d'une infinité de maux.
Il ne peut y avoir de vertus, quand les récompenses sont exclusivement le bénéfice d'une certaine classe de la société, et quand elles ne lui coûtent à obtenir que la peine de naître. Dans cette classe de privilégiés, les vertus, les talens, le génie doivent être nécessairement plus rares que dans les autres classes, puisque, sans avoir aucune de ces qualités, les individus qui la composent, n'en sont pas moins récompensés et honorés. Ceux qui profitent de cet absurde bouleversement de principes, et ceux qui y perdent, d'après cette injuste répartition de récompenses, établie comme un droit, ne peuvent avoir sur le vrai mérite, que des idées les plus fausses et les plus pernicieuses à la morale. On verra , dans cet ouvrage, ces vérités théoriques démontrées par des faits.
L'histoire de la noblesse, sous le point de vue que je la présente, offre des vérités qui paraîtront nouvelles à plusieurs, qui heurteront l'opinion générale, et qui, par conséquent, deviennent plus importantes à faire connaître. On a cru longtems qu'il existait dans le sang des nobles, une vertu particulière, qui ne se trouvoit point dans le sang des autres hommes ; et l'on a eu, pour les nobles, un respect presque religieux.
On a cru de même, et dans cas derniers momens, on a osé répéter, avec solennité, que les nobles ont été constamment la forêt de l'état, et le soutien de la monarchie ; et cette assertion, quoiqu'opposée à la vérité, n'a pas semblé fort étrange.
Je prouverai que la noblesse, étant une institution vicieuse, n'a pu produire, en général, que des hommes vicieux; que cette classe de notre société a, dans tous les tems, été beaucoup plus que les autres, entachée de crimes de tous les genres, et que, pendant plusieurs siècles, elle n'a fourni que des brigands.
Je prouverai que la noblesse, ou le système féodal, a dépeuplé, ruiné et stérilisé la France, qu'elle a détruit le commerce, éteint les lumières de l'esprit, et hâté les progrès de la barbarie. Je montrerai ce royaume divisé, pendant plus de huit siècles, en deux classes bien distinctes, la. noblesse et le peuple, l'une destructive et oppressive, l'autre productive et opprimée.
Je ne ressemblerai pas à ces écrivains moralistes, dramatiques historiens, ou déclamateurs, qui, par ignorance, par routine, par intérêt ou par crainte, s'attachent, en reproduisant les mensonges flatteurs des prétendus tems héroïques de notre histoire, à ménager ou à interesser l'amour-propre national.
C'est accuser ses contemporains de faiblesse ; c'est les traiter comme des enfans, des malades, c'est les mépriser, que de les croire trop faibles pour soutenir la lecture des vérités fortes.
J'ai cru les honorer, les traiter en hommes, en leur présentant hardiment la vérité, et en les croyant capables de l'envisager toute nue.
On ne manquera pas de m'objecter que la noblesse étant abolie, il est inutile d'écrire contr'elle. Je réponds que, si le corps de la noblesse est détruit, les prétendus nobles ne le sont point, que le préjugé de leur élévation au-dessus des autres hommes, existe encore tout entier. On peut, dans un instant, renouveler toutes les lois d'un empire; mais il faut des siècles pour changer les opinions ; ce n'est pas en un jour qu'on anéantit des préjugés établis chez presque tous les peuples, affermis, consacrés par plus de douze siècles d'ancienneté. La raison ne remplace pas la routine aussi promptement qu'une loi sage peut remplacer une loi barbare. Il faut seconder cette réforme utile, en portant la conviction de son utilité dans tous les esprits ; il faut montrer, dans toute sa laideur, l'idole qu'on adoroit, pour en faire détester le Culte : c'est le principal but de cet ouvrage qui doit, au surplus, instruire et piquer la curiosité, parce qu'il présente un tableau neuf, et l'histoire sous une face toute nouvelle.
CHAPITRE PREMIER
Origine, usurpations, et inclination des nobles au brigandage, sous la première et sous la seconde race.
Les premiers monumens de notre histoire ne nous offrent qu'une chronologie de crimes, dont la lecture est révoltante. On y voit partout l'ambition, les trahisons, les cruautés des uns, céder à l'ambition , aux trahisons et aux cruautés des autres : pendant longtems les grands et les princes du royaume n'offrent qu'une classe de traîtres, de trahis, d'assassins, d'assassinés ; le plus fort des criminels reste toujours le plus puissant et le plus honoré. Si quelquefois l'ambition et l'intérêt laissent dans l'histoire quelque intervalle aux meurtres, c'est pour faire place à la crédulité la plus absurde, aux préjugés les plus barbares.
C'étoit le caractère de ces brigands, Huns, Vandales, Bourguignons, Wisigoths, qui, successivement, firent des incursions dans les Gaules, et ne semblèrent y entrer que pour y porter le ravage et la mort. C'étoit surtout le caractère de ces Francs, peuples brutes et vagabonds, qui ne vivaient que de pillage, et qui contribuèrent, avec leurs prédécesseurs, à dévaster le pays des Gaules, qu'on nomme aujourd'hui France. « Les Gaules, qu'ils regardaient, dit l'abbé Mably, comme un pays ennemi, parce qu'elles leur offroient un riche butin, furent continuellement pillées, ou obligées de se racheter du pillage, en achetant la paix par des traités qui étaient bientôt violés... . » A peine savoient-ils ( les Francs ) qu'ils étaient citoyens, et qu'ils formaient une société ».
Sous la domination Romaine, les Gaules étaient florissantes ; l'agriculture, les manufactures , le commerce, les beaux arts et la littérature y étoient en vigueur ; des édifices superbes, des écoles publiques embellissaient et illustraient les villes : des aqueducs, des grands chemins, des ponts favorisaient toutes les communications ; les habitans étaient doux, instruits et civilisés. Dans l'espace d'un demi-siècle toute la scène change : des nuées de barbares se succèdent, dépeuplent et détruisent tout ; ils brûlent les moissons, pillent les villes, et s'attachant principalement, par une féroce jalousie, à tout ce qui portait le caractère de la magnificence Romaine, ils démolissent les plus beaux monumens de l'antiquité ; enfin, ne trouvant plus rien à piller, à incendier, à détruire, ils s'emparent du sol, rougi du sang de ses habitans, et couvert des cendres de ses villes, pour y faire régner, avec eux, l'ignorance et la férocité. Des bâtimens grossiers remplacent les plus beaux monumens de l'empire ; des coutumes barbares succèdent aux lois Romaines ; les écoles sont anéanties ; les lumières s'éteignent; au milieu de tant de désastres, les talents se dégradent ou disparoissent entièrement, et le savoir se cache, et va s'abrutir dans le fond de quelques monastères ; des tyrans stupides gouvernent, le glaive à la main. Une nuit affreuse couvre, pour plusieurs siècles, la surface de l'Europe ; la monarchie commence, et, de ce cloaque de ténèbres et d'horreurs, sortent les premiers élémens de la noblesse Française.
Il existoit encore, à la vérité, plusieurs familles nobles, qui tiraient leur origine des Gaulois ou des Romains, et qui portaient indistinctement le titre de familles Romaines ; mais ces familles ne survécurent, à tant de désastres, qu'en petit nombre, et la jalousie que leur portaient les Francs, les exposa à une infinité d'outrages et de persécutions qui contribuèrent beaucoup à les anéantir.
Les unes s'expatrièrent. de bonne heure ; d'autres, dépouillées de tous leurs biens, furent confondues dans la classe du peuple.
« La victoire, dit l'abbé Mably, rendit les Francs insolens et brutaux ; ils s'accoutumèrent à faire des injures aux Gaulois, et quand ils écrivirent leurs coutumes et les rédigèrent en lois, ils établirent une différence humiliante entre eux et les vaincus. »
Le Gaulois fut jugé un homme vil ; son sang fut estimé une fois moins que celui des François, et, dans tous les cas, on ne lui paya que la moitié de la composition qu'on devait à celui-ci ». Ainsi le Franc qui avoit tué un Romain ou un Gaulois, ne payoit que mille cinquante deniers ; et le Romain ou le Gaulois qui tuoit un Franc, étoit taxé à deux mille cinq cents deniers.
Cette différence annonce l'état d'humiliation dans lequel les Francs avoient placé les Gaulois ou Romains, et ne permet guère de croire que les familles illustres des ces derniers, se soient maintenues sous la domination Françoise, avec leurs titres et leurs distinctions.
Quelques familles de magistrats cependant, à cause de leurs emplois ou de leurs talens furent conservées, surtout dans les provinces méridionales ; mais on ne peut assurer qu'elles se soient soutenues jusqu'au neuvième siècle, à moins qu'on ne veuille adopter les fables officieuses de quelques généalogistes à gages, qui, autrefois, sans aucune preuve, faisoient descendre les anciennes familles françaises des familles romaines, tout comme plusieurs familles romaines se disoient issues des dieux.
Tous les peuples barbares ont des nobles, et adoptent les distinctions héréditaires ; c'est le vice des sociétés incivilisées, tout comme le principe qui n'admet de distinction dans les individus que celle de leur talent et de leur vertu, est le chef-d'œuvre de la civilisation.
Les premiers francs qui, après la conquête des Gaules, obtinrent une distinction particulière, furent ceux qui, par quelque action d'éclat à la guerre, s'étoient rendus nécessaires au chef, en avoient obtenu des récompenses, et s'étoient, en quelque sorte, dévoués à son service : on les appela les fidèles, les antrustions, ou les leudes. Ce furent les premiers grands de la monarchie, que la faveur et la bassesse multiplièrent dans la suite.
Les rois mérovingiens les enrichirent, en leur donnant des terres qu'ils détachoient de leurs domaines, et ces biens étaient amovibles, et à titre de bénéfices. Ces grands ou leudes usurpèrent, dans la suite, dans l'étendue de leurs bénéfices ou leudes, tout ce qu'ils purent impunément usurper, le droit de justice que les rois ne leur avoient point concédé, les droits
Les crimes des princes Français de la première et de la seconde race sont si énormes, si multipliés et si bien attestés, que les historiens les plus timides conviennent que ces princes étoient d'abominables scélérats. Clovis, tout chrétien qu'il était, fut aussi cruel que ses prédécesseurs ; les eaux du baptême ne tempérèrent point la férocité de son caractère ; il fut l'assassin de vingt princes françois, dont neuf étoient ses parens; il les fit égorger, ou les égorgea de sa propre main. Il porta Cloderic à tuer son père ; il tua, d'un coup de hache, Regnacaire, roi de Cambrai, son parent; il tua en même tems Ricaire, frère de Regnacaire, sous prétexte qu'il ne l'avoit point défendu. Il fit assassiner deux rois, ses voisins, et paya les assassins en fausse monnaie. Enfin les exploits et les succès de ce premier roi chrétien n'offrent que des trahisons et des scélératesses.
Ses successeurs l'imitèrent. Quelle cruauté, quelle barbarie dans Clotaire I, qui assassine ses neveux de sa propre main, et qui fait éprouver à ses cousins et à Brunehault, les traitemens les plus barbares ! « Ces princes, dît M. l'abbé Mably , s'accoutumèrent à commettre, de sang-froid, des actions les plus atroces, que l'emportement le plus furieux ne pouvoit justifier. Les loix de l'humanité, les droits du sang furent violés sans remords ; aucune bienséance ne suppléoit aux règles connues de la morale ; la perfidie étoit respectée , et les rois, comme leurs sujets, ne mettoient aucun art à déguiser leurs plus grands attentats. Si Childebert II veut se défaire de Magnovalde, il le flatte, le caresse, l'attire à sa cour sous prétexte d'une fête, et le fait assassiner au milieu du spectacle. On jette son cadavre par les fenêtres du palais ; et, en se saisissant de ses biens, le prince ne daigne pas même faire connoître les motifs d'un forfait qui rompt tous les liens de la société.»
Le droit du plus fort ou du plus adroit étoit l'unique règle des actions des princes de ce tems-là. Les mots de meurtres, d'assassinats, d'empoisonnement, de supplices de toutes espèces, fourmillent dans le récit de leurs exploits. Cette partie de notre histoire, assez détaillée par Grégoire de Tours, fait horreur à lire.
D'après de tels exemples, d'après de tels principes, qu'on juge de l'état malheureux des foibles et de la tyrannie des puissans ; aussi les annales de chaque province ne nous, offrent-elles alors, de la part de leurs gouverneurs, appelés ducs ou comtes, que les injustices les plus criantes, des brigandages et des atrocités continuelles.
Pour donner une idée des mœurs des seigneurs de la cour, il suffit de peindre celles de leurs maîtres; car les courtisans sont, ou les instigateurs, ou les instrumens, et, par conséquent, toujours les complices des crimes des rois. Ainsi, pour peindre la cour de Chilperic, il suffiroit de nommer ce roi, et de citer toutes les iniquités et les crimes que lui reproche Grégoire de Tours, qui le qualifie de Néron et d'Hérode de son siècle ; il suffiroit de nommer sa détestable épouse, Fredegonde, qu'on peut appeler la plus scélérate des reines ; et l'on pourroit juger des valets par les maîtres ; mais le fait suivant vient à l'appui de cet axiome.
Chilperic envoya sa fille Rigonthe en Espagne, pour y épouser un prince Espagnol, nommé Recaréde ; il fit mener avec elle des présens magnifiques et des richesses immenses qui formoient sa dot. Pour escorter sa fille et les équipages qui transportoient ces trésors, il lui donna quatre mille hommes de troupes, et un grand nombre des seigneurs de sa cour, en qui il avoit le plus de confiance. Ces seigneurs s'occupèrent, en route, à dévaster et à dépouiller, comme en pays ennemi, les provinces qui étoient sur leur passage ; enfin, ils pillèrent les équipages même de la princesse qu'ils avoient promis d'accompagner et de protéger, et se réfugièrent, avec une partie des richesses volées, dans les états du roi Childebert.
La conduite des principaux seigneurs de la cour, de ceux qui paroissoient les plus dignes de la confiance du Roi, doit faire juger de celle des seigneurs qui en étoient éloignés, et qui commandoient dans les provinces : ils étoient les fléaux des habitans.
Cramne, prince François, envoyé en Auvergne, pour y gouverner, se livre impunément à tous les excès ; entouré de jeunes seigneurs plus brigands et plus libertins que lui, il pille les maisons de la capitale, s'empare des biens des plus riches particuliers, enlève et viole les filles des sénateurs de cette ville, en présence de leurs pères. Après ces excès, Cramne s'arme contre son propre père ; Clotaire I, qui le prend, le fait brûler avec sa femme et ses filles.
Un seigneur Breton, comte de Vannes, assassina, dans le même tems, trois de ses frères, et alloit donner la mort au quatrième ; mais il fut retenu par les vives prières de l'évêque de Nantes.
Parthenius, gouverneur de Trêves, pendant le règne de Théodebert, écrasoit le peuple par les tributs excessifs qu'il en exigeoit, par les exactions et les violences qu'il commettoit impunément, à la faveur de la protection de Théodebert. Ce roi étant mort, Parthenius, privé de ce soutien, se vit menacé de la punition de ses forfaits : il se réfugia dans l'église de Trêves, s'y cacha dans un coffre ; mais on le tira bientôt de cet asyle , et il fut lapidé.
A Tours, le comte Leudastes se rendoit fameux par ses brigandages, et par l'odieuse calomnie qu'il osa publier contre l'évêque de cette ville, le célèbre Grégoire de Tours.
Pelagius , suivant ce même historien, qui avoit une intendance sur les haras d'un domaine du roi, abusoit de son autorité pour fouler le peuple, braver tous les juges, et exercer tous les maux que ses vices innombrables lui inspiroient.
Les officiers qui gouvernoient pour le Roi Chilpéric, dans le Poitou, le Limousin, la Saintonge et le Périgord, s'étoient rendus si odieux par les vexations qu'ils y exerçoient, que les peuples, ne pouvant supporter leur domination , se révoltèrent.
Dans le Gévaudan, le comte Pallade se livroit aux mêmes excès ; non seulement il pilloit les biens des particuliers ; mais ceux des églises ; ces biens, les seuls, alors, sacrés pour ces hommes féroces et crédules, devinrent la proie de ce gouverneur. L'évêque Parthenius le dénonça à Sigebert, roi d'Austrasie.
Toutes les provinces de France gémissoient sous la tyrannie de leurs gouverneurs Français : il seroit trop long d'en rapporter les exemples ; il suffira de dire que ceux que nous avons cités, sont tous du même tems.
Les grands, appelés Leudes, étant parvenus, à l'assemblée qu'ils tinrent à Paris en 615, à faire décider que les bénéfices, que les terres qu'ils tenoient des domaines du roi, resteroient héréditaires dans leurs familles, acquirent, par cette usurpation, une grande autorité, et surtout, beaucoup de considération. « Les fils d'un bénéficiaire, par le droit même de leur naissance, qui les appelloit à la succession de leur père, se trouvèrent eux - mêmes sous la truste ou la foi du roi ; ils furent d'avance ses obligés ou ses protégés. La naissance leur donnant une prérogative qu'on n'acquéroit auparavant que par la prestation du serment de fidélité, on s'accoutuma à penser qu'ils naissoient Leudes. La vanité, toujours adroite à profiter de ses avantages, est encore plus attentive à les étendre sur le plus léger prétexte. Ces Leudes d'une nouvelle espèce se crurent supérieurs aux autres, et on commença à prendre de la noblesse l'idée que nous en avons aujourd'hui. ». Ainsi, les distinctions qui n'avoient été que personnelles, devinrent alors, pour la première fois, une propriété de famille.
Cette usurpation sur les domaines de la couronne fut la source d'une foule d'autres.
La naissance, toute seule, valut de la considération. Bientôt une autre source plus impure produisit la noblesse. Ce n'étoit pas de la naissance, mais de la terre qu'elle découloit. Un homme achetoit, on usurpoit un aleud ; aussitôt, lui, et toute sa race, étoient éternellement imprégnés d'une noblesse indélébile.
Voilà quelle fut, en France, la première origine de la noblesse héréditaire. C'est de cet amas d'usurpations, d'absurdités, de crimes, que l'on vit sortir les premières tiges généalogiques de nos plus anciennes maisons de France, celles des rois de la seconde et de la troisième race.
Les seigneurs, plus puissans, plus indépendans, n'en devinrent que plus impunément criminels, et plus ambitieux ; ils s'emparèrent insensiblement de l'autorité des rois, et sous le nom de Maires du Palais, ils régnèrent à leur place.
La seconde race voit les mêmes crimes, les mêmes usurpations se perpétuer, se consacrer, pour ainsi dire, par l'habitude. Les rois, endormis sur le trône, laissent les maires du palais s'attribuer l'autorité royale, et tyranniser le peuple ; la plus grande partie des nobles autorise ces entreprises. Pépin, maire du palais, en 752, usurpe enfin la couronne de France, et la soutient par des crimes. Il s'empara du duché d'Aquitaine , après une guerre de huit années, accompagnée des circonstances les plus atroces et les plus désastreuses pour les peuples, et après avoir fait assassiner le duc Waifre, légitime Prince de cette partie de la France.
L'Aquitaine venoit d'offrir une de ses attrocités si communes alors. Hunaud, père de Waifr, qui en étoit duc, après une longue guerre avec son frère Hatton, lui demande la paix, lui jure une parfaite amitié, l'invite à se rendre auprès de lui, et aussitôt qu'il est en possession de sa personne, il lui fait crever les yeux.
Charlemagne, fils de Pépin, plus ambitieux, d'un génie plus vaste, et tout aussi cruel que ses prédécesseurs, se comporta, tour-à-tour, en grand homme et en brigand. Par sa superstition, par ses actes sanguinaires, il ne se montra point au-dessus de la barbarie de son siècle. Les massacres dont il se rendit coupable contre les Saxons, les quatre mille cinq cens prisonniers qu'il fit égorger de sang froid , les traitemens odieux qu'il exerça contre ces malheureux vaincus, sont des actions de brigands, et des taches à sa mémoire, que d'illustres succès ne peuvent effacer. Il fut le plus puissant des rois de France ; mais cette puissance fut acquise et cimentée par des torrens de sang. Il fit des loix conformes à l'esprit de son siècle, protégea les lettres et les arts, et obtint le surnom de Grand.
Ses fondations pieuses lui valurent celui de Saint. Il suspendit un peu les ravages des nobles par les loix qu'il établit, et par son exactitude à veiller à leur exécution ; mais il ne put détruire, ni leurs inclinations malfaisantes, ni leur régime destructeur ; et l'on vit, quelques tems après sa mort, les grands se soulever contre son fils, Louis le Débonnaire.*
* Un article du testament de Charlemagne prouve quelle opinion il avoit lui-même de ses fils, et de quelle espèce scélérate devoient être de tels princes. Il leur recommande de ne point égorger leurs enfans nés ou à naître ; de ne les point mutiler, de ne leur point crever les yeux, et même de ne point les faire tondre. Un père Cannibale auroit pu faire de pareilles recommandations à ses fils Cannibales.
Sous le règne de Charles le Chauve, les grands s'adonnent au brigandage le plus ouvert. Ce roi, par un édit rédigé à l'assemblée générale de Pistes, en 884, ordonna la démolition des châteaux, parce que les seigneurs en avoient fait des retraites de voleurs, et que de là ils commettoient mille désordres dans leur voisinage ; mais cette ordonnance eut peu de succès. Les forteresses ne furent point démolies, et les seigneurs continuèrent leur brigandange.
Ce fut à cette époque, vers la fin de la seconde race, qu'il s'établit un nouvel ordre de choses. Les incursions des Normands, qui faisoient les malheurs des peuples et des rois, furent très - favorables à l'ambition des seigneurs ; ils profitèrent de ces tems de troubles et de désordres, pour faire de nouvelles usurpations sur les droits du monarque et du peuple. Les ducs ou gouverneurs des provinces, les comtes ou gouverneurs des villes, les officiers d'un ordre inférieur, à la faveur de l'affoiblissement de l'autorité royale, firent, de leur propre autorité, dans l'étendue de leur gouvernement, ce que les Leudes avoient fait à l'égard de leurs bénéfices ; ils rendirent héréditaires, dans leurs maisons, des titres que, jusques-là, ils n'avoient possédés qu'à vie : magistrats, soit civils, soit militaires, soit tous les deux ensemble, ils usurpèrent, en même-tems, le droit de justice, et la propriété des terres sur lesquelles ce droit s'étendoit. Ils ne reconnurent plus dans le monarque que le premier entre leurs pairs, qu'un seigneur suzerain. « La Noblesse, proprement dite, ignorée en France jusqu'à cette époque, commença, dit M. le président Henault, avec cette nouvelle seigneurie; en sorte que ce fut la possession des terres , qui fit les nobles, parce qu'elle leur donna des espèces de sujets, nommés vassaux, qui s'en donnèrent, à leur tour, par des sous-inféodations ; et ce droit des seigneurs fut tel, que les vassaux étoient obligés, dans certains cas, de les suivre à la guerre contre M le roi même ». Voilà l'origine du régime féodal, des droits, de l'autorité, des richesses, et de la grandeur de la noblesse de France ; c'est dans la source impure et criminelle des violations, des usurpations successives, des attentats de tout genre, qu'ont pris naissance les plus anciennes maisons nobles de France, sans en excepter celle du sang royal ; c'est de cette source honteuse que sont sortis ces droits tyranniques ou absurdes, cet orgueil extravagant, ce pouvoir aveugle, appelé féodalité, qui a détruit le commerce, l'agriculture, et qui a fixé, pendant plusieurs siècles, la barbarie en France. C'est enfin ce pouvoir, qui a familiarisé les esprits à cette monstrueuse association des idées de crimes les plus bas et les plus atroces, avec l'idée de noblesse ; de sorte qu'il n'a pas paru étrange de donner le nom de Grands, de Nobles, à des assassins, à des voleurs de grands chemins, à d'infâmes scélérats.
On va voir, dans le chapitre suivant, que les nobles ont mérité universellement ces flétrissantes qualifications.
A suivre...
Posté par Adriana Evangelizt





