Vendredi 29 Février 2008

Voilà un extrait de livre qui explique comment le Peuple était considéré par la caste sacerdotale et le Pouvoir Egyptien. Des esclaves ou des parias, c'est selon. Des esclaves dans le sens où les gens du Peuple ne servaient qu'à travailler pour faire vivre les puissants. Ils étaient dépouillés de tous droits et de toute instruction. Mais pour les maintenir en esclavage, les Prêtres leur faisaient croire en des dieux auxquels eux-mêmes ne croyaient pas, se gardant les clefs de la Science pour garder le Pouvoir en quelque sorte. Voilà comment la Tradition Originelle s'est pervertie. Par les prêtres.

ANCIENS EGYPTIENS

Extrait de "Le vrai christianisme suivant Jésus-Christ" d'Etienne Cabet

1848

 

C'est 1491 ans avant Jésus-Christ, suivant les uns, et 1900 suivant d'autres, que Moïse sortit d'Egypte avec les Hébreux, il y a trois à quatre mille ans.

A cette époque, les Egyptiens étaient divisés en trois castes, celle des Prêtres, celle des Guerriers, et celle du Peuple... Chacune de ces castes se subdivisait en beaucoup d'autres, qui toute avait leur rang de supériorité et d'infériorité. La dernière caste du Peuple était, comme celle des Parias dans l'Inde, une classe maudite et proscrite.

La caste des prêtres comprenait tous les savants, les astronomes, les physiciens, les chimistes, les médecins, les littérateurs, les juristes, les magistrats, les fonctionnaires publics et les législateurs : c'était une Aristocratie sacerdotale et scientifique. La caste des Guerriers formait une Aristocratie militaire. Le Roi appartenait à une de ces deux castes.

Le Gouvernement était un mélange de théocratie, d'aristocratie et de monarchie.

Le Peuple comprenait les laboureurs et les artisans, dépouillés de tout droits et de toute instruction.

La Science était un mystère sacré interdit au vulgaire. Toutes les opérations scientifiques étaient appelées des miracles et considérées comme des oeuvres surnaturelles ou divines.

Le territoire était partagé en trois parts, l'une pour la caste des Prêtres, l'autre pour les Guerriers, la troisième pour le Roi et les dépenses du Gouvernement. Toutes les terres étaient cultivées par la classe des laboureurs, qui n'étaient que locataires ou fermiers.

Les Prêtres formaient une espèce de Communauté, possédaint la terre en commun, vivaient en commun. C'est chez eux que Minos, Lycurgue, Pythagore, les Esséniens, prirent l'idée de la Communauté pour la porter en Crête, en Grèce, en Italie, en Judée.

Les Prêtres étaient très instruits, mais le Peuple était très ignorant, comme un Peuple de nègres ou d'esclaves.

La langue des Prêtres, composée d'hiéroglyphes, de dessins, de figures, d'images, d'emblêmes, de symboles, d'énigmes, était un mystère pour le Peuple.

Les Prêtres avaient une Religion plus ou moins raisonnable et épurée : mais, pour enchaîner le Peuple, ils lui avaient donné une religion particulière et vulgaire, qui n'était qu'un amas de superstitions grossières, lui affirmant les fables les plus absurdes, les métamorphoses les plus bizarres, lui présentant des milliers de Dieux, lui faisant adorer comme des divinités, non seulement tous les hommes extraordinaires et les Rois, mais les astres, les animaux utiles ou nuisibles, les plantes, etc., élevant des autels et des statues au veau, au taureau, à la vache, à l'agneau, au crocodile, au rat, etc., etc.

Le Peuple était donc excessivement supersticieux et crédule.

Et pour perpétuer cette organisation sociale, les Prêtres la disaient imposée par les Dieux eux-mêmes et la présentaient comme la juste récompense des mérites des classes privilégiées, et comme la juste punition des fautes des ancêtres des classes déshéritées ; le Peuple était divisé en Provinces, dont chacune avait une langue et des Dieux différents ; personne ne pouvait se marier que dans sa classe, ni exercer une autre profession que celle de son père ; toute communication était interdite avec l'Etranger, signalé comme un barbare et un ennemi.

Et cette Organisation sociale était alors celle de l'Humanité presque toute entière.

Les nombreuses Colonies qui sortirent d'Egypte pour aller s'établir tout autour de la Méditerranée, et qui se composaient de l'Opposition d'alors, des hommes les plus indépendants et les plus avancés, portèrent partout cette organisation sociale en la perfectionnant.

Mais, malgré tous les progrès, depuis trois à quatre mille ans, on en trouve encore partout d'innombrables vestiges.

 Posté par Adriana Evangelizt

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